L'engagement d'Ecomed 21 pour la Méditerranée

La Méditerranée : un environnement fragile

La protection accrue de l’environnement constitue une nécessité dans l’Espace euroméditerranéen. La mer Méditerranée, lac fermé, souffre du trafic intense de navires (6.000 bateaux marchands croisent en permanence en mer Noire et en Méditerranée, par laquelle transite en tonnage le sixième du trafic maritime mondial et 28 % du trafic pétrolier mondial), de la proportion importante des eaux usées non traitées (jusqu’à 90 % dans certaines villes du littoral), de l’augmentation du nombre de riverains et de la pression croissante du tourisme sur les écosystèmes (première destination touristique).

L’urbanisation rapide qui caractérise les pays du sud de la Méditerranée a également un impact important sur l’environnement. Elle s’accompagne en effet d’une croissance des déplacements motorisés et donc des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution de l’air (et cela d’autant plus que les politiques de transport public ne sont pas à la hauteur), de pertes de sols agricoles de haute valeur, d’une augmentation considérable de la quantité des déchets, de d’urbanisation anarchique, etc.

La Banque mondiale estime que les dégradations causées à l’environnement occasionnent des pertes de PNB estimées entre 3 et 4% par an. Le Plan d’action pour la Méditerranée (processus onusien) lancé en 1985 n’a pas produit tous les résultats escomptés tout comme la stratégie méditerranéenne pour le développement durable, adoptée en 2005.

La montée en puissance des préoccupations environnementales est peut être en train de changer la donne. Lors du lancement de l’Union pour la Méditerranée, le 13 juillet dernier, deux des six projets annoncés comme prioritaires portaient sur des thématiques environnementales :“la dépollution de la Méditerranée” et “les énergies alternatives (le plan solaire méditerranéen)”.

Le projet dépollution, présenté par la Commission européenne, vise à éliminer 80% des sources de pollution d'ici à 2020. Il devrait coûter au moins 2 milliards d'euros. Le Plan solaire vise à faire aboutir un certain nombre de projets de mise en valeur du formidable potentiel solaire des pays du Sud de la Méditerranée (1 % de la surface du Sahara suffirait à satisfaire la demande mondiale en électricité). L’un des programmes envisagés en la matière est « Desertec ». Initié par l’Allemagne et l’Algérie, ce projet vise à raccorder l’Europe à de vastes centrales solaires implantées dans le désert, via des câbles sous-marins.

La montée en puissance du secteur des industries de l’environnement

Dans de nombreux pays du Nord, les dispositifs fiscaux et réglementaires visant à protéger l’environnement et à encourager le développement durable ont abouti au développement de PME locales fortement innovantes. Ex : industries éoliennes et solaires en Allemagne ou aux Etats-Unis (Californie), constructions HQE et industries du recyclage en France, etc.

Le marché mondial du carbone permet par ailleurs au secteur privé comme aux gouvernements des pays industrialisés de satisfaire à leurs obligations de réduction d’émissions de gaz à effet de serre grâce à l’échange de quotas d’émissions ou en contrepartie d’investissements qui contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les économies en transition ou les pays en développement.  C’est l’objectif des mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto, dont le Mécanisme pour un développement propre (MDP) qui permet un transfert de technologies moins émettrices de gaz à effet de serre vers les pays en développement et leur assure des revenus en devises fortes en échange de la vente de réduction d’émissions.

En dépit de gains notables l’année dernière, les projets du continent Africain ne représentent toujours qu’une fraction limitée des projets MDP existants et en préparation à l’échelle mondiale. En février 2008, on dénombrait 6 projets au Maghreb sur un total de 3000 projets MDP existants et en préparation dans tous les pays en développement.   Le marché mondial du carbone devrait atteindre les  63 milliards d’Euros en 2008. Le marché des crédits MDP devrait atteindre les 12 milliards d’Euros.

Pour des efforts coordonnés des Etats, entreprises et société civile

Face à la dégradation rapide des écosystèmes méditerranéens il est urgent de mobiliser l’ensemble des acteurs susceptibles de contribuer à la résolution des problèmes environnementaux de la Méditerranée (Etats, collectivités locales, entreprises, société civile, etc.). C’est dans cette optique qu’est née l’association de droit français EcoMed 21 qui vise à promouvoir les solutions partenariales en faveur du développement durable en Méditerranée. Un autre objectif prioritaire d’EcoMed 21 est d’alerter le grand public et les décideurs sur les défis en cours en matière de protection de l’environnement en Méditerranée.

Au niveau opérationnel, EcoMed 21 se concentre dans un premier temps sur la problématique de l’environnement urbain en lien notamment avec les thèmes de l’urbanisme, de la mobilité urbaine, de l’énergie et du réchauffement climatique.

Un premier projet, financé par l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) concerne la ville d’Alger.  Il s’agit du projet Villes durables dont les objectifs spécifiques sont de favoriser des échanges d’expérience entre acteurs des politiques urbaines (organisation d’ateliers d’experts en vue de proposer des solutions concrètes et opérationnelles) et d’alerter les décideurs et le grand public sur les problèmes liés à la détérioration de l’environnement et du cadre de vie en Méditerranée (conférences et réalisation de dossiers thématiques en relation avec des médias reconnus).

EcoMed 21 participe à la dynamique des Young Mediterranean Leaders à travers laquelle elle ambitionne de sensibiliser et de mobiliser les acteurs dynamiques d’aujourd’hui et les décideurs de demain autour des questions d’environnement et de développement durable.

EcoMed 21 sera ainsi présente à Tunis en octobre prochain pour le premier forum du réseau YML où nous espérons jeter les bases d’une collaboration active avec d’autres membres du réseau des jeunes leaders méditerranéens.

Farid Yaker

Président EcoMed 21